Faisons confiance aux industriels!

Voilà  plus de 10 ans que je suis de près les évolutions en matière de transport et de mobilité qui contribuent à réduire les émissions de CO2 à l'échelle planétaire. Depuis 10 ans j'entends souvent les mêmes refrains. Du coté des consommateurs : les voitures hybrides ou "propres" sont trop chères et l'offre pas assez développée. Du coté des constructeurs : le marché n'est pas mûr pour ce genre de produit, la demande n'est pas là (cf. la destinée malheureuse de la défunte VW Lupo TDI 3L). Ce que veulent les clients, c'est "plus de" ceci, "plus de" cela le tout à un très bon prix, comme toujours. Jusqu'à présent, le marché de l'offre - sous l'influence plus ou moins forte du législateur (bonus-malus écologique, test Euro NCAP, norme EURO, etc...) - tente de répondre aux attentes et aux capacités financières des consommateurs avec plus ou moins de réussite selon les marques et les produits présentés (...). Il n'y a guère que la désormais célébre Logan qui n'a pas tout à fait suivi le même schéma et avec le recul, on en vient presque à se demander si elle n'a pas contribué à ouvrir une nouvelle ére marketing?

Car depuis quelques temps, il semblerait qu'un nouveau marché est en train de se mettre en place : un marché où l'offre tend à orienter de plus en plus les attentes des consommateurs, sous l'influence de la contrainte carbone (CO2) couplée à celle du pic pétrolier (pick oil). Les industriels ayant conscience que les réserves en or noir commenceront fatalement par décroitre dans un futur proche, ils sont de plus en plus nombreux à préparer l'après pétrole mais surtout la déplétion pétrolière. D'ailleurs, depuis dix ans, l'efficacité énergétique des moteurs à combustion a fait des progrès assez spectaculaires. Mais ces progrès ont malheureusement été gommés par l'augmentation du poids et l'amélioration des performances des véhicules.

Heureusement, la course à la sobriété et à l'efficacité énergétique ne va pas s'arrêter en si bon chemin et des améliorations significatives restent à venir : hybridation, allégement des véhicules, électrification, récupération d'énergie au freinage, etc.... Autant d'innovations que l'industrie automobile va devoir rapidement déployer pour s'adapter aux nouvelles contraintes de ce siècle et contribuer par la même occasion à faire évoluer les mentalités.

Car s'est bien là qu'est l'enjeu désormais : comment faire en sorte que les consommateurs orientent leur choix vers des produits nécessairement plus "verts" plutôt que des produits plus performants, plus luxueux, plus exclusifs?

Tous les constructeurs s'y mettent. En Europe, s'il y en a un qui semble s'y investir plus que d'autres encore, c'est Renault et son ambitieux programme en faveur du véhicule électrique pour tous. Mais il n'est pas le seul. L'exemple de BMW mérite également d'être salué : après avoir bâti la réputation de la marque sur l'excellence de ses moteurs à 6 cylindres en ligne, la marque à l'hélice est actuellement engagée dans un ambitieux programme d'amélioration de l'efficacité énergétique de ses véhicules qui sert aussi de nouveau slogan à la marque : "moins d'émissions, plus de plaisir". Pour contrer les réticences potentielles de ses clients adeptes du "6 en ligne", BMW avance un argument de poids : une réduction de la consommation qui atteint presque 30% par rapport aux modèles de la génération précédente offrant la même puissance et le même agrément de conduite. 30% de consommation en moins, pour 30% d'émissions de CO2 en moins dans l'atmosphère. A condition bien sûr de ne pas trop s'éloigner des conditions optimales d'utilisation imaginées par les concepteurs (...).

Plus enthousiasmant encore, les expérimentations auxquelles plusieurs grands constructeurs se prétent pour faire évoluer les mentalités autour des services en mobilité. Peugeot, Audi, Smart, etc... Car tous l'ont bien compris : l'avenir de l'automobile ne se limite pas à de simples évolutions. Pour relever avec succès les enjeux de ce siècle, osons parler de révolution.

(*) ce futur proche pendant lequel la production mondiale de brut ne pourra que décroître, inexorablement contrairement au prix du baril qui assez logiquement suivra une trajectoire opposée.

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Commentaires (1)

1. roger 18/11/2011

la 2cv en son temps avait connu une destinée comparable à la Logan. C'est bien la preuve qu'il y a toujours une clientèle pour des voitures simples, sans chichi, très bon marché. La pub essaye toujours de nous vendre de l'inutile, du superflu.
Pour ce qui me concerne, j'ai bien l'intention de continuer à rouler au volant de ma Honda Accord de 1994 : elle tourne comme une horloge malgré ses 280 000 km au compteur et ne me coûte pas plus cher qu'une petite voiture Diesel.

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