l'éco-conduite pour tous

Fin 2010, on compte en France un peu plus de 31 millions de véhicules particuliers et véhicules utilitaires légers (<3,5t) qui chaque jour parcourent plus d'un 1,3 milliards de kilomètres, soit une consommation correspondante en pétrole d'environ 600 000 barils/jour (~ 0,7% de la production mondiale). Au delà des chiffres eux-même qui peuvent donner le tournis, se pose fatalement la question suivante : « Dit papa, comment on fera le jour où il n'y en aura plus du pétrole? »

Disons que là tout de suite, ca serait bien prétentieux d'y répondre en quelques lignes sans même connaître avec précision les gisements encore disponibles et/ou exploitables, vu les énormes enjeux géo-politiques qui en découlent.

En revanche, on peut s'intéresser aux alternatives d'ores et déjà disponibles pour réduire notre hyper-dépendance au pétrole et contribuer ainsi à imaginer le monde de demain. Mais plutôt que de vous parler de véhicules électriques, de véhicules hybrides rechargeables voire de pile à combustible (…) qui n'intéresseront à court terme que ceux qui auront les moyens de se les payer, intéressons-nous plutôt à une alternative simple, efficace et immédiatement accessible à tous ou presque : l'éco-conduite.

Plusieurs millions de tonnes de CO2 évitées potentielles à l'échelle de la France, 10 à 15% d'économie potentielle en carburant rapidement accessible pour la plupart des automobilistes, en respectant quelques règles simples, de bon sens :

1. D'abord utiliser son véhicule là il offre la meilleure efficacité et/ou là où aucune autre alternative n'est disponible : en clair, en ville et/ou pour les trajets < 3km on oublie! Surtout que pour rouler à moins de 30km/h de moyenne, les alternatives éco-performantes ne manquent pas...

2. S'assurer du bon état de fonctionnement du véhicule, notamment la pression des pneus. Mais aussi : filtre à air, filtre à huile, freins, etc...

3. Anticiper la route et le trafic afin d'éviter les accélérations inutiles et limiter au maximum l'usage de la pédale de frein. Pédale de frein = celle qui sert à transformer l'énergie cinétique du véhicule en énergie thermique perdue dans les plaquettes et les disques! Même les véhicules récents équipés de dispositifs de récupération d'énergie au freinage ne récupérent qu'une partie seulement de l'énergie en question.

4. Monter le plus rapidement possible les rapports de la boite de vitesse en enclenchant le rapport supérieur avant 2000 tr/min pour le cas d'un véhicule Diesel (2500 tr/min dans le cas d'un véhicule équipé d'un moteur à essence). Une règle qui s'applique à la quasi-totalité des véhicules en circulation et qui permet d'exploiter le couple (= la force du moteur) à bas régime des motorisations modernes.

5. Exploiter au maximum les phases de consommation nulle du moteur! Parce que depuis plus de 10 ans déjà, la majorité des véhicules neufs vendus en Europe bénéficient de ce que l'on appelle « la coupure d'alimentation à la décélération ». En clair, lorsque le moteur tourne(*) et qu'une vitesse est enclenchée, à chaque levée de pied de l'accélérateur, l'électronique coupe l'alimentation en carburant du moteur : la consommation tombe alors à zéro. Sur les véhicules équipés d'un ordinateur de bord, rien de plus facile pour s'en convaincre : en mode consommation instantanée, une simple levée du pied de l'accélérateur affichera 0,0L/100km au tableau de bord.

Dès lors, la question qui vient est la suivante : comment faire pour maximiser les phases de consommation nulle de mon véhicule? Dans l'idéal, certains vous diront qu'il faut suivre une formation à l'éco-conduite. Oui, sauf qu'avant d'amortir le coût d'une telle formation, il faudra parcourir plusieurs dizaines de milliers de kilomètres au volant de votre voiture. Ce qui n'est sans doute pas très convaincant pour beaucoup d'automobilistes...

L'autre solution, à très bas coût celle-ci, c'est de s'initier par soi-même au volant de son véhicule :

- En utilisant le frein moteur plutôt que la pédale de frein pour ralentir le véhicule. Mais pour augmenter la durée des phases de consommation nulle de votre véhicule, cela vous conduira en régle générale à rétrograder le plus tard possible (le frein moteur étant d'autant moins important que le rapport de boite de vitesse est élevé)

- En roulant systématiquement sur le rapport de boite de vitesse le plus élevé possible, ce qui permet de fait de multiplier les phases de consommation nulle, notamment pour les véhicules équipés de 6 vitesses : par exemple, à chaque fois que le profil de la route devient favorable et qu'un léger faux-plat descendant pointe à l'horizon, un véhicule lancé à 90km/h en 6ème conservera sans trop de difficulté sa vitesse même sans aucune pression sur l'accélérateur. Si la pente est insuffisante, une très légère pression sur la pédale de droite suffira à maintenir la vitesse du véhicule, pour une consommation en carburant très faible.

- En étant très attentif à la vitesse et, si possible, en ne dépassant jamais le régime moteur optimal qui caractérise l'éco-conduite, même sur le dernier rapport. Vous constaterez alors qu'il existe assez peu de véhicule capable de rouler à 130km/h sur autoroute sans jamais dépasser 2000 tr/min au compte-tour pour un véhicule Diesel (2500 tr/min pour un véhicule à essence) surtout en l'absence de 6ème vitesse (**)!

- En coupant le moteur pour les arrêts > 20''. Ce qui vous amènera de fait à le couper en arrivant à certains feux rouges, ceux que vous connaissez par cœur et après lesquels vous vous interrogez régulièrement pour savoir pourquoi ils sont si longs en position rouge et si courts en position verte!? ;-)

Voilà, vous savez tout ou presque pour devenir un parfait éco-conducteur. Cerise sur le gateau, vous constaterez que votre véhicule se comporte très bien même en sollicitant à minima le moteur. Une bonne facon de se convaincre qu'à l'avenir, il ne sera peut-être pas nécessaire de vouloir forcément un modèle plus puissant...

 Bonne route!

 

(*) la fonction coupure d'alimentation à la décélération n'est active qu'une fois le moteur chaud ce qui milite là encore pour bannir l'usage de son véhicule pour les petits trajets effectués moteur froid.

(**) à défaut de 6ème vitesse, l'éco-conducteur s'autorisera un régime maxi de 2500 tr/min pour un véhicule Diesel en 5ème (3000 tr/min pour un véhicule à essence).

Ajout du 6 décembre 2010 :

Tout aussi applicable au cas des véhicules utilitaires légers (VUL), l'éco-conduite ménera le conducteur à être plus vigilent encore à la vitesse compte tenu de la prise au vent importante des véhicules utilitaires. Ainsi, même équipé d'un VUL équipé d'une boite 6, on s'attachera, dans la mesure du possible, à ne jamais dépasser 110km/h, une vitesse au-delà de laquelle la résistance au vent augmente de facon exponentielle à la vitesse.

En 2010, il suffit de constater sur voie rapide la vitesse moyenne de circulation des véhicules utilitaires (Renault trafic, citroën Jumpy, Peugeot Partner, VW Transporter, etc...) pour se convaincre du potentiel d'économie considérable que représente l'éco-conduite à l'échelle de dizaines de milliers de petites entreprises artisanales...

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Commentaires (3)

1. michelle vuillerot 09/02/2011

Cher(e) (je n'ai pas trouvé votre nom)
J'ai lu des "plus" d'information sur l'éco-conduite dans votre article et vous en remercie. Je suis tentée par la rédaction d'une synthèse des meilleures pratiques en la matière. Si elle existe déjà, j'aimerais la faire connaître.
J'habite en Auvergne dans une zone montagneuse et je traverse une zone "natura 2000" sensible tous les jours en voiture (ou co-voiturage). Mon intérêt pour l'éco-conduite est multiple : économie, écologie, respect de l'environnement. Je suis prête à m'investir dans cette optique, et donc vous pouvez faire appel à moi dans le cadre de projets ciblés.
Cordialement

2. gueneau henri 24/06/2011

quand on roule au point mort dans une decente
quels sont les risques encourus

3. GP (site web) 24/06/2011

tant que la pente est faible (<5%), le risque est faible. Au delà, le risque peut se traduire par un défaut de maitrise du véhicule, le moteur se comportant alors comme une simple charge ne faisant plus "corps" avec le véhicule. Surtout, dans le cas d'une pente élevée, cela conduit à utiliser le frein à pieds pour éviter d'atteindre une vitesse excessive, là où le frein moteur permet de conserver une vitesse constante sans aucune consommation de carburant (sauf dans le cas des véhicules non équipés d'une alimentation gérée électroniquement).
A éviter donc, surtout à vitesse élevée. En ville ou à faible vitesse, l'usage du point mort peut néanmoins permettre de générer des économies de carburant (cf. stop & glide).

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